Le verdict en trois phrases
Pour un site d'entreprise français, l'écart de prix entre un hébergeur européen et un cloud américain est faible (quelques dizaines d'euros par mois) face au coût d'un audit RGPD défavorable. Le DSI doit pouvoir répondre en une phrase à la question « où sont stockées les données des formulaires et qui peut y accéder ». La réversibilité (export, migration, durée de préavis) compte autant que le SLA de 99,9 % affiché sur la plaquette.
Comparatif des options d'hébergement en 2026
Les prix ci-dessous sont des ordres de grandeur 2026 pour un site vitrine ou institutionnel de 20 à 200 pages, avec formulaires de contact et de devis, et 10 000 à 100 000 visites par mois.
| Option | Coût mensuel | Localisation des données | Exposition hors UE | SLA courant | Réversibilité |
|---|---|---|---|---|---|
| VPS OVHcloud | 15 à 60 EUR | France (Roubaix, Gravelines, Strasbourg) | Faible, société française | 99,9 % | Excellente, serveur standard |
| VPS ou instances Scaleway | 20 à 80 EUR | France (Paris), Pays-Bas, Pologne | Faible, société française | 99,9 % | Excellente |
| Hébergement managé français (infogérance) | 60 à 250 EUR | France | Faible | 99,9 à 99,95 % | Bonne, dépend du contrat |
| Vercel (offre Pro) | 20 à 150 EUR | Région choisie, fonctions en UE possibles | Société américaine, CLOUD Act | 99,99 % (Enterprise) | Moyenne, dépend du framework |
| AWS (Paris eu-west-3) | 40 à 300 EUR | France si configuré | Société américaine, CLOUD Act | 99,9 à 99,99 % | Moyenne à bonne |
| Offre qualifiée SecNumCloud | 300 EUR et plus | France | Très faible | 99,95 % | Bonne |
Un site statique ou en Next.js peut tourner sur un VPS à 25 EUR par mois avec un CDN européen. Les clouds américains apportent un excellent outillage, mais leur rattachement au droit américain impose une analyse de transfert, même lorsque les serveurs sont à Paris.
Ce que le RGPD exige vraiment pour un site et ses formulaires
Le RGPD n'impose pas d'héberger en France. Il impose de maîtriser les transferts hors de l'Espace économique européen, de signer un contrat de sous-traitance (article 28) avec l'hébergeur et de documenter les mesures de sécurité. Depuis 2023, le Data Privacy Framework permet des transferts vers les entreprises américaines certifiées, mais beaucoup de DSI préfèrent s'en passer, ce cadre ayant déjà été invalidé deux fois sous d'autres noms (Safe Harbor, Privacy Shield).
| Point de contrôle | Hébergeur européen | Cloud américain | Preuve à conserver |
|---|---|---|---|
| Contrat de sous-traitance (art. 28) | Fourni en standard | Fourni en standard (DPA) | Copie signée |
| Transfert hors UE | Aucun par défaut | Possible (support, sous-traitants) | Analyse d'impact du transfert |
| Clauses contractuelles types | Inutiles en général | Nécessaires si pas de certification DPF | Annexe au contrat |
| Accès par une autorité étrangère | Peu probable | Possible via le CLOUD Act | Note de risque |
| Outils tiers du site (analytics, polices, chat) | À auditer | À auditer | Registre des traitements |
| Durée de conservation des formulaires | À configurer | À configurer | Politique de purge (ex. 3 ans) |
Le vrai risque vient souvent des services tiers : Google Analytics, polices chargées depuis un CDN américain, widget de chat. Un audit montre en général 4 à 8 appels vers des domaines hors UE sur un site moyen. Les remplacer par Matomo ou Plausible et héberger les polices localement coûte 500 à 1 500 EUR HT une fois.
Réversibilité : la clause que personne ne lit
Avant de signer, vérifiez quatre points : format d'export des données (base SQL, fichiers), délai de préavis (1 à 3 mois), assistance à la migration (facturée 80 à 120 EUR HT de l'heure en infogérance) et destruction certifiée des données en fin de contrat. Un site hébergé sur une plateforme propriétaire sans export complet peut coûter 3 000 à 8 000 EUR HT à reconstruire ailleurs.
Mini cas pratique
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Sophie, DSI d'une PME de services de 80 salariés à Nantes, héberge le site sur un cloud américain pour 140 EUR par mois. Le site reçoit 300 demandes de devis par mois. Un client grand compte exige une preuve d'hébergement dans l'UE sans transfert. Elle migre vers un VPS Scaleway à Paris avec infogérance (110 EUR par mois), remplace Google Analytics par Matomo et localise les polices, pour 2 400 EUR HT de prestation. Économie de 30 EUR par mois, soit 360 EUR par an, et surtout un dossier de conformité prêt pour l'appel d'offres du client, évalué à 180 000 EUR HT par an.
FAQ
Est-il obligatoire d'héberger un site d'entreprise en France ?
Non, le RGPD autorise tout l'Espace économique européen, et même les transferts encadrés hors UE. Mais 60 à 70 % des appels d'offres publics et grands comptes demandent désormais un hébergement européen documenté.
Quelle différence de prix entre OVH, Scaleway et AWS pour un site vitrine ?
Pour un site de 10 000 à 50 000 visites par mois, comptez 15 à 40 EUR chez OVH ou Scaleway contre 40 à 120 EUR chez AWS. L'écart se creuse si le site utilise des fonctions serveur intensives.
Un hébergement chez AWS à Paris est-il conforme au RGPD ?
Il peut l'être, avec le DPA d'AWS, la certification DPF et une analyse de risque documentée. Le CLOUD Act reste un point à mentionner dans le registre des traitements.
Que signifie un SLA de 99,9 % ?
Cela autorise environ 8 h 45 d'indisponibilité par an, soit 43 minutes par mois. Un SLA de 99,99 % ramène ce chiffre à 52 minutes par an, pour un coût souvent 3 à 5 fois plus élevé.
Combien coûte une migration d'hébergement ?
Pour un site de 20 à 200 pages, comptez 800 à 3 000 EUR HT selon la technologie, la base de données et les formulaires. Prévoyez une fenêtre de bascule de 1 à 2 heures avec un TTL DNS abaissé la veille.
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Mohamed Bah
Fondateur, Kolonell
Passionné par le digital et l'entrepreneuriat en Afrique, Mohamed accompagne les entreprises sénégalaises dans leur transformation digitale depuis 2020. Fondateur de Kolonell, il croit que chaque PME mérite une présence en ligne professionnelle et accessible.
