Un investisseur africain voit des dizaines de pitch decks par mois. Il y consacre en moyenne deux à trois minutes en première lecture. Votre deck à donc un seul travail : déclencher une deuxième réunion. Il ne signe pas le chèque, il ouvre la porte. Cette nuancé change tout dans la façon de le construire.
Voici la structure qui fonctionne, slide par slide, avec ce que cherche vraiment celui qui vous lit.
Le deck raconte une histoire, pas une liste
Un bon pitch deck suit une narration. Il y a un monde casse (le problème), une solution, une preuve que ça marche (la traction), et un avenir possible si on vous donne les moyens. Chaque slide doit donner envie de tourner la page suivante. Si vos slides sont des tableaux Excel collés bout à bout, vous avez perdu.
Les slides indispensables
Slide 1 — Couverture
Nom, logo, une phrase qui dit ce que vous faites. "Kolonell — l'agence digitale qui équipe les PME ouest-africaines." Pas de jargon.
Slide 2 — Le problème
Une douleur réelle, chiffrée, illustree par un cas concret. Montrez que vous comprenez le terrain mieux que personne. Au Sénégal, ancrez le problème dans une réalité locale (un commerçant qui perd des ventes faute de paiement mobile, une PME invisible sur Google).
Slide 3 — La solution
Ce que vous faites, simplement. Une capture d'écran ou un schéma vaut mille mots. Reliez explicitement la solution au problème de la slide précédente.
Slide 4 — Le produit
Comment ça marche concrètement. Le parcours utilisateur en trois étapes. Si vous avez une démo, c'est ici qu'on a envie de la voir.
Slide 5 — Le marché
TAM / SAM / SOM avec des chiffres crédibles et sources. Pas le mythe du "1 pour cent de l'Afrique". Montrez le marché que vous pouvez vraiment atteindre dans les trois ans.
Slide 6 — Le modèle économique
Comment vous gagnez de l'argent. Prix, marge, récurrence. Une ligne suffit à comprendre : "abonnement à 20 000 FCFA par mois, marge brute de 70 pour cent".
Slide 7 — La traction
La slide qui fait ou défait le deal. Courbe de croissance, revenus, utilisateurs actifs, partenariats signés, lettres d'intention. Même modeste, la traction réelle bat toutes les promesses. Si vous êtes pré-revenu, montrez les signaux : liste d'attente, résultats d'un test, premiers pilotes.
Slide 8 — La concurrence
Qui fait quoi sur votre marché, et pourquoi vous êtes différents. Un tableau ou une matrice deux axes. Ne dites jamais "nous n'avons pas de concurrents" : c'est le signal que vous ne connaissez pas votre marché.
Slide 9 — L'équipe
Les visages, les rôles, l'expérience pertinente. Les investisseurs early-stage parient d'abord sur les gens. Montrez pourquoi cette équipe précise va gagner.
Slide 10 — Les finances et projections
Revenus passés et projetés sur trois ans, point mort, principaux postes de coût. Restez lisible : trois courbes, pas trente lignes.
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Slide 11 — La demande (le "ask")
Combien vous levez, à quelle valorisation indicative, et surtout pour quoi faire. "Nous levons 80 millions FCFA pour 18 mois de runway : recrutement de deux commerciaux, développement produit, expansion à Abidjan." Reliez chaque franc à un jalon.
Slide 12 — Contact et vision
Comment vous joindre, et une dernière phrase qui projette la vision à cinq ans. On vous quitte sur une ambition, pas sur une adresse mail.
Ce que les investisseurs regardent vraiment
Au-delà des slides, trois choses comptent. La clarté : comprennent-ils en deux minutes. La traction : avez-vous une preuve que des gens veulent ça. L'équipe : ont-ils confiance dans votre capacité à exécuter. Le reste est secondaire en early-stage. Un fonds comme Partech Africa, Janngo Capital ou un réseau de business angels comme Dakar Network Angels jugera d'abord sur ces axes.
Mini cas : Wave et la slide qui se passe de discours
Quand Wave, la fintech de paiement mobile très implantée au Sénégal, présentait sa traction aux investisseurs, le message tenait dans une seule courbe : le nombre de transactions qui explose mois après mois, avec des frais radicalement plus bas que la concurrence. Pas besoin d'adjectifs. La donnée parlait. C'est l'illustration parfaite du principe : en early-stage on raconte une vision, en growth-stage on montre une courbe. Plus vous avez de traction, plus votre deck devient simple.
Erreurs à éviter
Trop de texte par slide. Du jargon. Des projections financières absurdes (10 milliards FCFA de revenus en année 3). Cacher la concurrence. Un "ask" flou. Oublier de dire à quoi servira l'argent. Et lire ses slides mot à mot pendant la présentation au lieu de regarder les gens.
Le deck d'envoi et le deck de présentation
Faites deux versions. Le deck que vous envoyez par email doit se comprendre seul, donc un peu plus de texte. Le deck que vous projetez en réunion doit être épuré : c'est vous qui parlez, les slides illustrent. Ne confondez pas les deux.
FAQ
Combien de slides pour un pitch deck ?
Dix à douze pour la version de présentation. Au-delà, vous perdez l'attention. Mettez le détail en annexe pour les questions.
Faut-il mettre la valorisation dans le deck ?
Indiquez le montant levé et l'usage. La valorisation précise se discute en réunion ; une fourchette indicative suffit dans le deck.
Que faire si je n'ai pas encore de revenus ?
Montrez d'autres formes de traction : utilisateurs, liste d'attente, résultats de tests, lettres d'intention, partenariats. Et soyez transparent sur votre stade.
Quel outil pour créer un pitch deck au Sénégal ?
Canva, Google Slides ou PowerPoint suffisent. Le contenu compte plus que l'outil. L'important est la lisibilité et la cohérence visuelle avec votre marque.
Combien de temps dure une présentation de pitch ?
Trois à cinq minutes pour le pitch, puis place aux questions. Entraînez-vous à tenir dans ce temps ; un investisseur juge aussi votre capacité à aller à l'essentiel.
Discutons de votre projet. Kolonell conçoit des pitch decks clairs et des supports investisseurs pour les startups ouest-africaines. Écrivez-nous sur WhatsApp +221 77 596 93 33.
Mohamed Bah
Fondateur, Kolonell
Passionné par le digital et l'entrepreneuriat en Afrique, Mohamed accompagne les entreprises sénégalaises dans leur transformation digitale depuis 2020. Fondateur de Kolonell, il croit que chaque PME mérite une présence en ligne professionnelle et accessible.
